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Reprise du 26 avril : Protocole renforcé, au milieu du gué ... les nouveautés détaillées de ce protocole en cette reprise (fermeture avec un cas positif, non brassage des classes) , nos droits en terme d'autorisations spéciales d'absences

Enfin ! Le gouvernement entend une partie des revendications portées par le SNUipp-FSU depuis des semaines. Si cela démontre le sérieux des propositions du syndicat, leur prise en compte trop partielle risque de ne pas suffire à un retour secure dans les écoles, ni à une continuité sereine du service public d'éducation.

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 3 mois

La circulation épidémique reste à un niveau très haut tout comme la pression sur le service public hospitalier. Le renforcement partiel du protocole pour les écoles, présenté quelques jours avant la reprise, prend en compte une partie des revendications portées par le SNUipp-FSU mais sans les mener au bout. Clairement les trois semaines sans classe n’ont pas été mises à profit par le gouvernement pour rendre possible une école sous covid comme le réclamait la pétition unitaire.

Les détails et les précisions concernant le protocole renforcé au 26 avril : le point sur les conditions de fermeture de classe, les durées d’isolement, les autotests, les autorisations spéciales d’absences possibles...

Cette reprise le 26 avril se fait donc avec quelques nouvelles mesures plus protectrices et correspondant aux revendications que nous avons portées au nom de la profession.
Il aura fallu une fois de plus attendre le dernier moment (23 avril après-midi) pour avoir les consignes actualisées pour la reprise, mais nous y sommes désormais malheureusement habitué·es.

Heureusement, certaines de nos revendications ont enfin été entendues :

- fermeture d’une classe dès le premier cas COVID positif détecté dans une classe.

Nous le réclamions depuis longtemps, car bien évidemment, il est indispensable de bloquer la contamination à l’école le plus tôt possible. Or, les assouplissements de protocoles depuis l’automne (avec le passage à 3 cas pour fermer puis ses variantes) n’avaient fait qu’amplifier les difficultés et sans doute joué un rôle non négligeable dans les hausses du nombre de cas en école.

Nous demandions également que ces fermetures soient indépendantes du type de variant. En effet, les opérations de criblage nécessaires pour détecter une forme variante ne faisaient que prolonger le délai avant lequel une classe pouvait être fermée. c’est "tout de suite" qu’il faut prendre le problème, pour éviter qu’il ne s’étende et fasse courir des risques à de plus en plus d’élèves, de familles et de personnels.

La fermeture de classe doit être réalisée “dans les meilleurs délais et au plus tard le lendemain pour une durée de 7 jours”.

Tout·es les élèves de la classe sont considéré·es comme cas contact. Pour les personnels, ou des élèves d’autres classes qui auraient pu être en contact, c’est le "contact-tracing" réalisé par le Médecin Conseiller Technique départemental qui détermine s’ils et elles doivent ou non être isolé·es également. Un "suivi à distance" doit être évidemment réalisé (pas par un personnel malade, évidemment).

A noter, dans ce même ordre d’idée (qui considère en gros que les supers masques de l’Education Nationale nous protègent forcément) : l’apparition d’un cas confirmé parmi les personnels n’implique pas automatiquement la fermeture de la classe. Là encore, c’est le Médecin Conseil qui décide.

- pas de répartition des élèves dans les autres classes en cas d’absence d’enseignant.e non remplacé.e.

Encore une exigence de longue date, et une vraie victoire suite à notre campagne syndicale (lancée juste avant le confinement) où nous appelions les écoles à ne plus accepter de brasser les élèves des classes non remplacées (en gros, nous proposions de prendre nous-mêmes la responsabilité que les autorités se refusaient à assumer... mais bon, il faut ce qu’il faut).

Désormais, ce protocole réaffirme l’importance du non brassage et en tire les légitimes conclusion : il n’est pas possible de répartir des élèves dans d’autres classes, pas même pour quelques heures. La Foire Aux Questions est fort heureusement sans ambiguïté sur ce sujet (page 7, voir doc joint ou sur education.gouv.fr) :

“Dans les écoles, lorsqu’un enseignant absent ne peut, malgré le renforcement des moyens de remplacement, être immédiatement remplacé, les élèves ne peuvent en aucun cas être répartis dans les autres classes. L’accueil des élèves est alors suspendu dans l’attente de l’arrivée du professeur remplaçant.”

Aucune consigne d’IEN ne pourra donc aller à l’encontre de cela ! A l’Education Nationale d’assurer dans les temps les remplacements pour éviter que de telles situations, évidemment très gênantes pour les familles et les élèves, ne puissent se présenter.

Informez-nous rapidement de toutes difficultés dans ce domaine : snu57@snuipp.fr

- renforcement des règles d’aération des locaux.

Car cette aération, comme l’ont démontré de nombreux·ses scientifiques (notamment lors d’un de nos colloques en ligne en novembre dernier), est la clé pour éviter les transmissions du virus. C’est d’ailleurs bien pour cela que les contaminations en extérieur sont quasi inexistantes.

A l’école, il est donc désormais obligatoire d’organiser l’aération des locaux :

15 minutes avant les arrivées des élèves, aux récréations et le soir lors du nettoyage des locaux.
au moins quelques minutes toutes les heures. Les scientifiques (et les écoles allemandes) préconisent même un rythme approximatif de 3 minutes toutes les 20-30 minutes. L’idéal serait que les classes soient équipées de capteurs de CO2, comme nous l’avons encore dit et répété dans les CHSCT... Mais encore une fois, l’Education Nationale, bien qu’elle reconnaisse la justesse de la proposition, n’est pas prête à y mettre les moyens et renvoie donc vers les collectivités locales... et vers les grandes inégalités territoriales que nous connaissons.

- les enfants des personnels enseignants prioritaires pour l’accueil en présentiel dans les collèges

Le dispositif d’accueil des enfants des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire est maintenu pour les collégiens de moins de 16 ans jusqu’au 2 mai 2021. Un accueil prioritaire sera donné aux enfants des personnels exerçant dans le 1er degré. Il n’est donc pas possible de bénéficier d’une autorisation d’absence pour ce motif pour la semaine du 26 au 30 avril.

Par contre, une ASA reste possible dans les cas de classes fermées pour cause de cas COVID (votre enfant étant alors considéré comme cas contact dès le premier cas positif signalé dans sa classe et isolé 7 jours).

- les tests passent enfin à la vitesse supérieure

Les campagnes de test salivaires (plutôt en élémentaire et maternelle) ou nasopharyngés (plutôt collège et lycées) doivent être renforcées dès cette semaine et prendre de l’ampleur dans les semaines à venir. Ces tests sont également proposés aux personnels.

A compter du 26 avril, des autotests seront déployés au sein des écoles et établissements scolaires au profit des personnels y travaillant (personnels relevant de l’éducation nationale et ATSEM). Les personnels pourront bénéficier de deux tests par semaine, à réaliser à domicile.

De grandes promesses, mais sans doute toujours pas à la hauteur des vrais besoins vu le nombre de tests disponibles pour les élèves. Espérons au moins que la logistique suivra un peu mieux cette fois-ci.

- mais toujours pas de vraie priorité à la vaccination des personnels des écoles !!!

Comme nous le demandons également depuis un bon moment, la vaccination des personnels serait la seule protection vraiment efficace pour les écoles face à ce virus, comme cela se fait dans de nombreux autres pays.

Malheureusement, même si le Ministère tente d’embrouiller tout le monde en prétendant accorder une priorité pour les personnels de plus de 55 ans, il ne s’agit que d’une fumisterie, puisqu’en réalité, tous les français de plus de 55 ans ont désormais accès à cette vaccination. Il n’y a donc toujours aucune priorité particulière pour les personnels des écoles, et en particulier pas pour les moins de 55 ans...

- la valse de l’EPS... de nouveau interdite en intérieur !

Un pas en avant... et l’EPS est donc de nouveau interdite à la pratique en intérieur, même pour les activités dites de "basse intensité". Cela inclue aussi la piscine qui ne peut donc plus se faire.

Il reste heureusement possible de pratiquer en extérieur, si la météo le permet bien sûr.

- autres règles pour les personnels

Les personnels vulnérables peuvent évidemment rester en télétravail ou en ASA.

Les personnels ayant pris des rendez-vous médicaux durant la période des congés applicable à leur zone et qui doivent, du fait de la modification des dates des vacances, reprendre leur activité peuvent bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence à titre dérogatoire, en tenant compte des impératifs de continuité du service.

L’avis du SNUipp FSU

D’une part, si une « priorité de vaccination » a été reconnue, elle reste très limitée. Réservée au plus de 55 ans, comme pour l’ensemble de la population, elle ne concerne que 12% des PE. De plus, elle reste totalement désorganisée dans nombre de départements. On est loin de la vaccination de tous les personnels des écoles nécessaire pour les protéger, ainsi que leurs élèves et les familles, et assurer par la même leur présence afin de maintenir les écoles ouvertes. Aucune réelle accélération du calendrier n’est envisagée.

D’autre part, si la fermeture d’une classe à partir d’un cas positif au Covid, quel que soit le variant, est enfin étendue à l’ensemble des départements, elle continue à en exclure les adultes qui ne sont pas considérés comme cas contact lorsqu’un élève est positif, pas plus que les élèves ne le sont si le PE est testé positif. Sans compter le déficit de traçage des élèves de maternelle qui reste moindre ne permettant pas une identification claire de la diffusion du virus.

NON BRASSAGE, CHICHE ! MAIS CONCRÈTEMENT ?

L’incohérence due aux absences des enseignant.es non remplacé.es qui engendrait une répartition des élèves dans les autres classes semble enfin entendue. La règle du non brassage devient prioritaire et en cas de remplacement impossible c’est l’enseignement en distanciel qui devrait prendre le relais... Reste à savoir par qui si l’enseignant.e est lui-même en arrêt ! Aucune indication non plus sur la mise en place concrète qui nécessite un réabondement massif du vivier de remplaçant-es. Le ministère confirme qu’en cas de besoin, de nouveaux recrutements, en plus de l’enveloppe des 6 000 contractuel.les déjà annoncée, sont possibles. Reste qu’au vu de l’attractivité de ces emplois, répondre à tous les besoins s’avérera bien compliqué.

Enfin, si le déploiement des tests salivaires promet d’être accentué de 250 000 à 400 000 hebdomadaires dès la semaine prochaine avec un objectif de 600 000 mi-mai, il reste loin du nombre nécessaire à une prévention d’envergure. Ces tests devraient faire l’objet d’un meilleur ciblage (là où la contamination est la plus importante), et des auto-tests distribués aux personnels.

ET TOUJOURS RIEN...

Par contre, rien n’a été envisagé pour favoriser une meilleure aération des locaux : ni investissement dans des capteurs CO2, ni dans des purificateurs d’air. Ces investissements, nécessaires et niés jusqu’à présent par le ministre, sont "renvoyés" aux municipalités. De même, le ministère ne fournit aucun masque chirurgical ni aux élèves, ni aux personnels. Quant à l’allégement des effectifs, il n’est prévu qu’à partir de la classe de quatrième...
L’école joue un rôle dans le maintien d’une partie de l’économie, pourtant la dotation de moyens spécifiques supplémentaires dans le cadre du plan de relance oublie totalement l’Education nationale.

Au final, malgré une validation des revendications posées depuis des semaines par le SNUipp-FSU, les conditions restent loin de ce qu’il faudrait pour maintenir une école sécure sous covid.

Comme un entêtement à croire que les écoles ne participent pas vraiment à la diffusion du virus, alors que le variant anglais, plus présent chez les enfants, est devenu largement majoritaire.
Comme une délégation de la gestion aux personnels sur le terrain, lassés d’un déni de réalité, oeuvrant pourtant au quotidien à maintenir le service public d’éducation.
Le gouvernement fait le pari de demi-mesures entraînant une école en mode dégradé tout en prenant le risque de compromettre le freinage de l’épidémie.