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Prime d'attractivité : la maigre revalo pour les PE de l'échelon 2 à l'échelon 7 et .. RIEN pour tous les autres !

Une prime d’attractivité a été créée par décret, son montant est fixé par arrêté. Elle est attribuée à compter du 1er mai 2021. Celle-ci a pour objectif annoncé la revalorisation du régime indemnitaire de certains personnels enseignants et d'éducation et de certains psychologues de l'éducation nationale afin de renforcer l'attractivité de ces métiers.

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 3 jours

1. Bénéficiaires

Les personnels titulaires enseignants et d’éducation ainsi que les psychologues de l’éducation nationale appartenant au premier grade (classe normale) de leur corps. Son attribution est liée à l’exercice effectif des fonctions. Elle est aussi attribuée aux personnels contractuels assurant les mêmes fonctions. Par contre les stagiaires sont écartés de l’attribution de cette prime.

2. Montants
Pour la définition du montant brut, on prend en référence dans la grille ci-dessous ;
-  l’échelon détenu pour les titulaires,
-  l’indice détenu pour les contractuels.

Titulaire (instit, PE, PSY-EN)
7ème échelon 500 €/an - 41,67 €/mois
6ème échelon 500 €/an - 41,67 €/mois
5ème échelon 700 €/an - 58,33 €/mois
4ème échelon 900 €/an - 75,00 €/mois
3ème échelon 1250 €/an - 104,17 €/mois
2ème échelon 1400 €/an - 116,67 €/mois

3. Règles d’attribution

La prime est versée mensuellement, à terme échu, son versement suit les mêmes règles que celles applicables pour le calcul du traitement principal. Ainsi, un.e collègue travaillant à 50% percevra la moitié de la prime. Dans le cas d’un temps partiel thérapeuthique la prime est entière puisqu’elle suit les règles applicables au calcul du traitement principal.
En application du droit commun, la prime est perçue en congé de maladie ordinaire, congé maternité, paternité et en congé pour invalidité temporaire imputable au service (Citis).
Quant aux CLM et CLD, le décret et l’arrêté n’apportent pas de précision, si ce n’est que l’attribution de la prime est liée à “l’exercice effectif des fonctions”, ce qui reste une notion incertaine.

Concrètement, 69% des enseignant.es sont exclu.es de cette prime ! Rien non plus pour les AESH ! Il ne s’agit pas d’un revalorisation salariale, puisque c’est une prime !


Où sont les enseignant.es choyé.es qui devaient bénéficier d’une revalorisation historique ? Encore et toujours des mensonges... Est-ce que JM Blanquer pense réellement rendre le métier attractif avec cette prime pour des jeunes qui font 5 ans d’études pour devenir enseignant.e ?

Rappelons que dans les années 1980, les enseignant.es débutant.es touchaient 1,8 fois le SMIC. Actuellement, un·e enseignant·e débutant·e ne touchera en premier salaire que 1,21 fois le SMIC (soit 1 480 euros net). Il ou elle devra attendre 6 années de carrière pour toucher 1,5 fois le SMIC et environ 20 années de carrière pour toucher 2 fois le SMIC. Cette prime attribuée seulement en début de carrière ne compensera pas la perte du pouvoir d’achat des enseignants et enterre la promesse des 10 milliards d’euros nécessaires au rattrapage des salaires évoquée pourtant en début d’année 2020.

Malgré un nombre d’heures de classe supérieur et des effectifs plus importants, les enseignantes et enseignants français.es touchent en moyenne 37 % de salaire en moins que la moyenne des onze pays comparables au bout de 15 ans d’exercice et 23% de moins que la moyenne des pays de l’OCDE. Ce n’est pas l’équivalent d’une heure de SMIC par mois qui rattrapera les conséquences du gel du points d’indice et le décrochage des salaires par rapport aux autres pays.