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Le distanciel, ce n'est toujours pas l'école

Après avoir prétendu que les protocoles sanitaires étaient suffisants dans les écoles, le ministre de l'éducation maintient l'idée que l'enseignement à distance est prêt. Pourtant aucune leçon n'a été tirée depuis le confinement de mars 2021 et les enseignant.es se retrouvent à improviser une fois encore un lien scolaire avec leurs élèves.

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 2 mois

A la veille de la fermeture des écoles, les enseignant.es se sont retrouvés face à l’impréparation du ministre. Comme un jour sans fin depuis le printemps 2020. Pas plus que le ministre n’a anticipé l’accueil des enfants des profession prioritaires, il n’a tiré les leçons de la mise en place de sa fameuse "continuité pédagogique". Les PE en revanche gardent sans nul doute en mémoire l’adaptabilité, l’ingéniosité, la patience, la débrouillardise engagée dont ils et elles ont dû faire preuve à la même saison l’an passé.

Pour le SNUipp-FSU, alors que les conditions d’enseignement ont été dégradées et mettent les personnels dans un état d’épuisement professionnel réel, il n’est pas envisageable que la pression vécue l’an dernier se reproduise. Le SNUipp-FSU vient de s’adresser au ministre en ce sens. Alors que JM Blanquer n’a eu de cesse de mépriser l’engagement des personnels, c’est bien grâce à eux que l’école tient depuis un an. Et ce sont eux qui s’investiront à nouveau en urgence pour maintenir le lien scolaire durant cette brève période avant des vacances dézonées. Plan de travail, activités distribuées avant le départ, padlets ou autres outils déjà testés, les équipes ont déjà fait preuve de leur expertise et sont à même de concevoir ces trois, quatre jours hors l’école, sans injonctions hiérarchiques.

Pour le SNuipp, comme pour la FSU, ce qui se dessine du 6 au 9 avril, ce n’est pas l’école, collectif de travail et d’apprentissage. Et tenter de faire apprendre des notions nouvelles à distance, c’est mettre en difficulté les élèves et leur famille, particulièrement ceux des classes populaires. d’autant que rien n’a été construit depuis l’année dernière avec les enseignant-es. ni retour d’expériences sur les difficultés rencontrées, ni analyse sur ce qui peut être développé et comment, ni formation aux outils numériques, ni réponse aux manques d’équipement , tant du côté des PE que des familles.

Pire, aucun moyen suffisant n’a été attribué au service public d’éducation pour compenser les inégalités accentuées par un an d’école sous COVID. Au contraire, les cartes scolaires qui viennent de se dérouler sont loin de prendre en compte les conséquences et les besoins, en particulier lors d’une possible poursuite de crise sanitaire en septembre. Aussi, le SNUipp, avec la FSU, appelle à un plan d’urgence pour l’école afin de répondre aux enjeux d’une école ambitieuse pour toutes et tous.