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Allocution d’Emmanuel Macron : constat d’échec

La Fédération Syndicale Unitaire (FSU) fait le constat dans un communiqué de l'échec de la stratégie présidentielle face à la crise sanitaire.

Mis en ligne le - Mis à jour il y a 2 mois

Le communiqué de la FSU suite aux annonces du 31 Mars d’ Emmanuel MACRON

Le Président de la République a annoncé une nouvelle étape dans les mesures sanitaires, pour freiner l’épidémie avec notamment l’avancée et le dézonage des congés scolaires associé à un passage en distanciel des enseignements.

Il y est acculé aujourd’hui parce qu’en dépit de ses satisfecit répétés, il s’est trompé : au cours des dernières semaines, il a pris seul les décisions, méprisant l’alerte des scientifiques comme le débat démocratique, et s’est enfoncé dans un jusqu’au-boutisme dont toute la population paie maintenant le prix lourd.

La FSU s’inquiète des conséquences dramatiques de cette gestion incohérente et de ce reconfinement qui exposent une partie de la population à une grande précarité et va engendrer aussi son lot de souffrances sur le plan psychologique. Il est essentiel de mettre en œuvre un plan d’urgence pour les plus démuni-es : hébergement d’urgence, distribution alimentaire, accès aux soins, augmentation des minima sociaux…

S’enfermant dans le déni des difficultés concrètes que pose la crise sanitaire dans les écoles, Le ministère de l’Education Nationale a réduit le débat à une question binaire : ouverture ou fermeture des lieux scolaires. Il porte une lourde responsabilité dans cette situation. Il aurait été possible de faire autrement comme n’a cessé de le réclamer la FSU. Depuis des mois, la FSU alerte sur les conditions dégradées dans lesquelles les personnels font leur métier, au prix d’un épuisement professionnel réel. C’est bien grâce à elles et eux que l’école « tient ». J.M. Blanquer n’a eu de cesse de mépriser l’engagement des personnels. Il a prétendu que les protocoles étaient suffisants là où tout indique que la politique de tests est défaillante, rien n’a été fait pour améliorer le bâti et en particulier les possibilités d’aération, le nombre d’élèves par classes continue à être trop élevé alors qu’on pourrait fonctionner en petits groupes grâce à des recrutements supplémentaires et la réquisition de locaux  : le Ministre n’a pas voulu agir pour répondre aux alertes des personnels de terrain. La reprise épidémique est d’autant plus forte que toutes les mesures qui auraient pu être prises pour éviter une telle intensité n’ont pas été mises en œuvre. Par ailleurs, au-delà des effets d’annonces, et des promesses jamais tenues depuis janvier, aucun calendrier de vaccination des personnels au contact des usager-es et des élèves n’est établi à ce jour.

Aucun enseignement n’a été tiré depuis un an, le ministre n’a fait preuve d’aucune anticipation et les personnels se retrouvent aujourd’hui, veille de la fermeture des écoles, dans une situation d’impréparation identique à celle de l’an dernier, ce qui est un comble !
La FSU demande que les leçons du premier confinement soient tirées : clarification très rapide des objectifs et des modalités de la façon de maintenir le lien scolaire avec les élèves, temps laissé aux équipes pour s’organiser, moyens donnés aux équipes pluri professionnelles pour assurer un suivi des élèves et recherche de solutions pour les familles ne disposant ni de matériel informatique ni de la connexion nécessaires, relâchement de la pression par des décisions rapides sur l’aménagement des programmes et les examens, etc. Pour la FSU, ce qui se dessine dès mardi 6 avril, ce n’est pas l’école, collectif de travail et d’apprentissage auquel nous sommes attaché-es. C’est autre chose que l’école, et nous savons que les personnels feront tout leur possible pour s’y investir au mieux. Mais dès maintenant, pour compenser les difficultés présentes, il y a lieu de concrétiser les engagements de recrutement. Pour répondre aux inégalités qui se creusent, et anticiper une possible poursuite de la crise sanitaire, il est urgent de décider d’un réel plan d’urgence pour l’école, afin de la doter de moyens exceptionnels dès la rentrée de septembre.

Le communiqué du SNUipp du 26 mars

L’ÉPIDÉMIE FLAMBE DANS LES ÉCOLES, LE MINISTRE BOUGE PEU et RESTE DANS LE DÉNI !

L’épidémie flambe dans les écoles mais le ministère ne prend toujours aucune mesure supplémentaire pour la contenir, mis à part le retour, enfin, à une règle protectrice de fermeture de classe dès le premier cas dans les 19 départements reconfinés. Une décision nécessaire mais qui reste encore trop loin des enjeux. Par manque d’anticipation, le ministre et le gouvernement sont responsables de cette situation catastrophique qui met en danger les personnels, les élèves, leurs familles et la société dans son ensemble.

Tous les indicateurs sont pourtant au rouge écarlate.

Depuis janvier le taux d’incidence a été multiplié par quatre chez les 0-9 ans, contre deux dans l’ensemble de la population, et il vient de doubler lors de ces 10 derniers jours en Ile-de-France. Le nombre de cas positifs ayant fréquenté un milieu scolaire a atteint un chiffre record lors de la semaine de rentrée des vacances d’hiver. Depuis quelques jours les fermetures de classes se multiplient suite à des contaminations en masse parmi les élèves, les enseignant-es ou le personnel territorial...

La situation se retrouve tendue sur tout le territoire, les personnels absents pour Covid ou cas contacts ne sont plus remplacés. La pression des IEN pour accueillir tous les enfants alors que l’encadrement n’est pas suffisant met en danger l’école et dégrade les conditions d’apprentissage des élèves.

Tous les artifices sont utilisés par le ministère pour masquer la réalité, au risque de mettre en danger le fonctionnement des écoles et de s’éloigner de l’objectif de recul des inégalités. Remplacements assurés par des enseignant-es RASED, par des conseillers-ères pédagogiques ou directrices, suppression de classes dédoublées et surtout brassage des élèves en dépit de toute protection sanitaire jusqu’à inventer aujourd’hui « l’école sans enseignant-es », comme en Seine-St-Denis.

Les enseignant-es comme les autres personnels et les municipalités sont livrés à eux-mêmes pour tenter de maintenir debout un service public d’éducation affaibli et très loin d’être suffisamment protecteur.
La seule mesure sérieuse et protectrice prise pour l’école, se limite à la fermeture dès le premier cas dans les seuls départements sous « restrictions sanitaires renforcées ».
L’annonce de recrutement de personnels remplaçants arrive bien tard et ne permettra pas d’éteindre le feu dès les prochains jours dans les écoles. D’autant que le ministère n’est pas parvenu au mois de novembre à recruter suffisamment de contractuels pour remplacer les personnels vulnérables, le contexte actuel insécurisant va encore renforcer les difficultés de recrutement..

Depuis des mois, le SNUipp-FSU alerte et intervient auprès du ministère pour qu’il prenne enfin les mesures nécessaires : vaccination des personnels, cas contacts et règle de fermeture de classes redéfinis, tests salivaires massifs, allégement des effectifs, moyens pour l’aération, masques chirurgicaux fournis aux élèves comme aux personnels...

Il y a plus qu’urgence à freiner la propagation de l’épidémie et à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires qui doivent être anticipées et préparées avec les personnels. Dans les départements où la circulation du virus explose, la question de fermer les écoles est clairement posée.
Le ministre et le gouvernement sont responsables de cette situation catastrophique qui met en danger les personnels, les élèves, leurs familles et la société dans son ensemble et qui n’est pas sans conséquence pour l’école et la société. Ils ne font rien pour l’éviter.