SNIPP MOSELLE

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Application du Protocole sanitaire national et circulaire relative à la réouverture :
Mise à jour:
Mai 2020

 

 

 

Notre analyse, outils (tableau, une motion conseil des maitres) pour aider les équipes à analyser la mise en application locale du protocole sanitaire qui soulève beaucoup de questions propres à chaque école.
Si les conditions 
ne sont pas réunies, l’école ne doit pas ouvrir !



Un protocole longtemps attendu et une circulaire de dernière minute ! Les réactions sont nombreuses et majoritairement inquiètes...

Pour le SNUipp57, la reprise le 11 dans ces conditions c’est toujours non !

1. LE PROTOCOLE

Annoncé pour vendredi puis diffusé enfin ce dimanche, sous la pression des organisations syndicales et des maires, le protocole sanitaire décrit en 54 pages et dans une dizaine de "fiches thématiques" les mesures de précautions que chaque école devra impérativement mettre en œuvre pour rouvrir.

Quoique relativement étendu et précis, le protocole n’est pas en phase avec la réalité du terrain de nombreuses écoles ; il sera donc impossible à mettre en place et à faire appliquer concrètement par toutes et tous (notamment les élèves) dans la plupart des écoles. Cela va mettre en danger personnels, élèves et familles.

Qui plus est, d’ici au 11 mai, les équipes auront difficilement le temps de s’en imprégner suffisamment pour pouvoir imaginer sa mise en œuvre concrète et complète. Sans compter qu’il faut continuer en parallèle "l’école à la maison" et qu’il reste officiellement impossible pour le moment de se rencontrer et de faire les constats sur place de la possibilité ou non d’appliquer les consignes et recommandations sanitaires. Les demandes, exclusivement faites aux directeurs et directrices, sont une charge de travail énorme et ne mentionnent pas le collectif du conseil des maîtres.ses.

Sans ce temps d’analyse fine de la situation et d’adaptation concrète aux réalités de chaque lieu de travail, les risques de préjudices physiques et psychologiques sur les enfants et les personnels sont grands.

=> Des conditions sanitaires difficilement applicables selon les écoles.

Espaces disponibles, PE présent.es, assurance du nettoyage, présence effective des masques (grand public !!) et autres produits… Il faudra être très vigilant.es sur la faisabilité de leur application et exiger une non-ouverture le cas échéants.



LE SNUipp FSU fournit un outil (tableau) pour aider les équipes à analyser la mise en application locale du protocole sanitaire qui soulève beaucoup de questions propres à chaque école ( et ainsi à montrer les difficultés et les manques pour l'application de ce protocole).
Le SNUipp-FSU appelle les collègues à confronter les réalités matérielles existantes (sanitaires, superficie des salles de classes, configuration des locaux…) et les effectifs disponibles (enseignant-es, AESH, et ATSEM, agent-es d’entretien) aux consignes sanitaires exigées pour la réouverture des écoles. Si elles ne sont pas réunies, l’école ne doit pas ouvrir !

Ce document a pour ambition de servir de base à l’analyse des risques professionnels afin de garantir la sécurité sanitaire dans les écoles. Il permet à l’équipe pédagogique :

  • d’identifier les problèmes à résoudre;

  • de réfléchir aux questions à se poser très concrètement en fonction des locaux mais aussi des moyens dont l’école dispose;

  • de lister les besoins nécessaires dont il faudra faire part à l’IEN avec copie à la collectivité territoriale.


L’ouverture de l’école est chaque jour conditionnée à l’application des conditions sanitaires.


Dans le cas contraire

- une fiche de registre Santé et sécurité au travail peut être complétée par chacun des personnels de l’école (à renvoyer à l’IEN, au CHSCT D (secretaire-chsctd57@ac-nancy-metz.fr ici ) avec copie au SNUipp-FSU).

  • En cas de danger grave et imminent, le droit d’alerte peut être activé : il s’agit de contacter un membre du CHSCT départemental directement ou via la section départementale du SNUipp-FSU. Si le risque subsiste ou si l’employeur n’a pas répondu à l’alerte, les équipes peuvent estimer qu’il est nécessaire de ne pas être confrontées à une situation de travail qui les expose à un danger grave et imminent. Dans ce cas, les personnels peuvent exercer leur droit de retrait. Contactez-nous avant toute démarche concernant le droit de rertrait qui est très difficile à exercer afin que nous puissions vous conseiller. L’exercice de ce droit ne peut se faire qu’en dernier recours.





=> Des conditions de classe difficiles voire contre-productive

Qu’on se le dise et qu’on le dise aux parents, ce ne sera pas "l’école" !

Le tempo sera adapté aux temps d’apprentissage et d’application des gestes barrières et nouvelles règles, les modalités d’enseignement seront contraintes par le matériel et la distance.

Il y aura d’autres priorités que les programmes notamment de se retrouver, de retisser du lien, d’accueillir des paroles parfois douloureuses d’élèves affectés psychologiquement ou physiquement. RASED et infirmières scolaires ont toute leur place, mais ne seront pas en nombre suffisant.

De plus, comment les élèves, en particulier les plus jeunes, supporteront-ils de voir les enseignant.es masqué.es toute la journée (parfois d’ailleurs des enseignant.es qui ne seront pas les leurs !) ; de devoir rester à leur place toute la journée ? De ne pas pouvoir approcher leurs camarades ? De ne pas pouvoir utiliser les jeux et matériels auxquels ils et elles sont habitué.es ? De ne pas pouvoir être touché.es par les adultes quand ils auront besoin d’aide ou d’être consolé.es ? L’école maternelle particulièrement risque de devenir frustrante et froide.

Imposer une reprise le 12, avec une seule journée de "pré-rentrée", c’est donc aussi priver les équipes du temps nécessaire pour réfléchir ensemble à la pédagogie toute particulière à mettre en place pour les élèves, en particulier pour les "décrocheurs" (c’est pourtant bien pour cela qu’on reprend la classe, non ?).

=> Les AESH absent.es du protocole Et pourtant, ils et elles sont très concerné.es car souvent en contact physique direct avec les élèves. Nous avons fait des demandes de protections supplémentaires pour ces personnels et nous avons demandé à ce que leurs conditions de travail puissent être analysées qu'il s'agisse de présentiel ou non.



2. LA CIRCULAIRE « Réouverture des écoles : comment accompagner au mieux les élèves ? »

Voilà qu’arrive en dernière minute (lundi soir) une circulaire de notre Ministre bien attentionné !

A lire ici : https://www.education.gouv.fr/circulaire-relative-la-reouverture-des-ecoles-et-etablissements-et-aux-conditions-de-poursuite-des-303552 

Elle apporte peu de modifications ou confirmations sur le plan technique mais qui sont importantes (bien qu’insuffisantes).

Exemples :
-  La deuxième journée de pré-rentrée y est possible le 12, il faut en faire la demande
-  Les directeurs-trices pourraient ne pas prendre en charge d’enseignement pendant les 3 premières semaines.
-  Les personnes vivant avec une personne vulnérable peuvent aussi continuer le télétravail.
-  Une personne qui enseigne en présentiel à temps-plein n’assure pas de distanciel.

Cette circulaire aborde également les points de vigilance « pédagogiques » et de qualité d’accueil humain cité plus haut (sans en garantir les moyens !). Mais, comme le Ministre sait si bien le faire, elle va aussi avec son lot d’injonctions :
- une petite évaluation à la fin de la première semaine pour savoir où en sont les élèves
- les programmes sont indiqués pour les GS, CP et CM2 avec des masses horaires en math et en français et en EPS (et la culture ?)
- d’ici cet été les élèves devront avoir acquis les bases nécessaires au passage dans la classe supérieure
- pour les livrets de fin d’année ont pourra évaluer la motivation et l’assiduité. Des livrets pourquoi faire ??
- des séances de soutien à organiser !

La liberté pédagogique n’est décidément pas au goût du jour !

 

 

 


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